« Je m'ennuyais. Voilà comment ça a commencé. Elle m'ennuyait, voilà comment ça a fini.»
- Fadia !
Elle arrêtera vraiment jamais de me faire chier cette prof'. Depuis toute à l'heure elle me casse les pieds avec ses fonctions affines à deux balles. Tout en soupirant, je jette un coup d'½il à ma montre: plus que cinq petites minutes et le doux son de la cloche va retentir. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'aime cette "mélodie". C'est probablement ma sonnerie préférée. En particulier quand elle annonce la fin d'un cours. Et surtout lorsque ce dernier se trouve être le cours de mathématiques; Avec un "s" à la fin je vous prie ! Et oui chères amis, les fonctions affines ont pleins de copains et copines : fonction linéaire, fraction ... Et autres équations stupides qu'on nous oblige à résoudre 3 fois par semaine, environ. Comme si en allant acheter mon pain j'allais sortir à la boulangère : "- Bonjour Madame, alors il me faudrait une campagnarde.
- Avec ceci ? ( Elles le disent toutes ^^)Ça vous fera 2euros.
- D'accord. Alors si je prends le coefficient multiplicateur en utilisant le diamètre de ma baquette, je pourrai trouver le rayon et donc le nombre de pièce qu'il me faut pour faire deux euros ...".
Mais voyez vous, je ne suis pas là pour critiquer notre chère programme de Maths ou de Français...
- Fadia !
Deuxième fois. Deuxième fois que mon prénom résonne dans ma chère salle de cours. Je redresse rapidement la tête, recalant mon dos contre le dossier de ma chaise. D'un bref regard je la dévisage. Elle. Cette femme, courte sur pattes, aussi fine qu'un cure-dent. Tellement maigre, que j'ai parfois peur qu'emporté par le vent violent d'hivers elle s'envole. Qu'elle s'envole loin d'ici. Loin de moi. Je ne l'ai jamais aimé. Je me souviens encore de son visage : des traits durs parsemant ses joues creuses qui prirent un air encore plus sévère lorsqu'elle lu mon nom sur notre liste de classe. Tout le monde le savait ici. Elle était raciste et n'y allait pas par quatre chemin pour vous le faire comprendre. Aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas d'où lui vient cette haine pour les "étrangers". Je ne suis pourtant pas si différente que les autres. Malgré un prénom qui trahit ma religion, je suis croyante mais loin d'être pratiquante. D'après mon père, je n'ai pas encore trouvée ma voie...
- Votre exercice mademoiselle Adid, dit elle en interrompant mes pensées et en faisant mine de prendre un accent arabe.
Je déteste quand elle fait ça. Mon exercice ? Depuis quand je travailles dans ta matière, rappelle moi.
- Très bien. Tu vas au tableau s'il te plais.
C'est qu'il y a du progrès. Madame devient polie ! Je laisse un soupir s'échapper et me dirige d'un pas lourd vers le tableau. Je saisis une des craies qui traine sur le paroi en métal quand, la sonnerie retenti.
- Sauvée par le gong !
Un sourire hautin vient s'afficher sur mon visage. Le sien se crispe. Je m'ennuyais, c'est comme ça que ça à commencée. Elle m'ennuyait, c'est comme ça que ça à finit.
Je déambule maintenant dans les couloirs du lycée. C'était ma dernière heure de cours. Aucune envie de voir du monde et je crois que c'est réciproque chez mes amis. Mon attitude ces dernier temps lors des cours et durant les pauses les fait fuir. Je suis mal. Ca se voit. J'irai même jusqu'à dire que ça se sent à des kilomètre à la ronde...
Généralement maman me dit quoi faire lors de mes petits coup de blues. Sauf, qu'aujourd'hui... Elle n'est plus là.
Une tache jaune passe au loin. Merde ! Mon bus ! Mon pas s'accélère. Moi qui marchait telle une Mamie sur un marché, je viens de me transformer en sprinteuse. Ouf', c'est bon, je l'ai.
Ne prenant même pas la peine de dire bonjour au chauffeur, je m'installe à ma place habituelle. M'adossant à la fenetre du vieux car, je laisse mes yeux filés au rythme des paysages que le véhicule traverse. Il quitte la ville après plusieurs minutes passé dans les bouchons pour pénétrer dans la campagne. La brume qui avait disparue quelques minutes au part avant pour être remplacée par les peaux d'échappement et autres bordel vient s'installer à nouveau. Il se met à pleuvoir. Les quelques visages des passagers s'assombrissent alors. Je repose mon regard sur l'extérieur. Les vaches continuent de ruminer dans leur champs, comme si de rien était. Dans le pré suivant, quelques poneys caracolent au rythme de la pluie. Je laisse échapper un léger sourire. Ils sont beaux.
Le bus s'arrête quelques mètres plus loin. Trois personnes descendent du véhicule. Comme d'habitude, je serai la dernière à sortir.
Une heure. Le véhicule freine jusqu'à tomber dans l'arrêt. Cette fois, c'est pour moi. A quelques pas de là, plusieurs maisons dont un grand bâtiment entouré de pré, d'une carrière et de petites écuries s'affichent devant moi. Je laisse mon regard s'échapper pour venir se poser sur un vieux corral. Des images parcourent soudain mon esprit .
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Flash Back
Elle fait danser les chevaux. Les chevaux la font danser. Elle n'est plus cavalière, elle est centaure. Tout deux ne font plus qu'un. Elle la gitane. Lui l'étalon. Il piaffe au rythme des tambourins, se cabre au son des tambours. Et elle, dans sa robe blanche, elle, elle fait rouler ses hanches. Chante des mélodies d'orient et le fait danser. Encore. Encore et toujours. La dernière mélodie retentie. Tout deux se stoppent. Se regardent longuement. L'un fait un pas, puis deux, tandis que l'autre l'accueille les bras ouverts. Ses doigts fins viennent s'agripper au crins épais de l'étalon. Son regard se détourne pour venir se poser sur une filette aux cheveux bruns et ondulés d'à peine 8ans postée derrière la barrière en compagnie d'un homme.
- Allez viens Fadia, tu vas le monter maintenant.
- C'est vrai maman ?
- Puis que Mman te le dis !
Fin Flash Back
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Une larme roule sur ma joue. Jamais, oh grand jamais je ne les oublierai. Ces moments magiques, moments intenses qui m'ont fait vibrer. Une flamme s'allumait dans mon coeur lorsque mes jmabes frêles venait frôler les flancs de l'équidé. Celle ci s'elevait à chaque foulée de l'animal, à chaque parole de ma mère.
Aujourd'hui, la petite flamme c'est éteinte pour surement ne plus jamais se rallumer. Tout çà. Toute cette magie. C'est terminée. Pour nous, pour moi.
Mon visage est trempée par les larmes. Tout en m'essuyant avec la manche de mon pull, je tourne le dos à cet endroit fabuleux. Qui sait, peut être qu'un jour je lui "succéderai". A elle. La gitane. Ma mère.
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Alors ? Qu'en pensez vous ? Ça vous plait ?N'hésitez pas à me donner vos avis, pour que je puisse m'améliorer les chapitres suivants.
© Shadow'